ROME - Une table ronde sur la crise du secteur automobile convoquée par le gouvernement italien a débuté mercredi 28 janvier en début de soirée au siège du gouvernement, devant lequel environ 400 salariés du groupe Fiat étaient rassemblés, a constaté une journaliste de l'AFP.
Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a convoqué cette réunion la semaine dernière, après avoir exclu jusque-là une aide spécifique au secteur.
Il n'était pas encore certain que des mesures de soutien au secteur soient annoncées à l'issue de la rencontre à laquelle participent les associations de constructeurs et les syndicats.
"Il y a une série d'hypothèses et la table ronde convoquée aujourd'hui est destinée à faire le point pour arriver très vite à un paquet de mesures", a déclaré avant la rencontre le ministre du Développement économique Claudio Scajola, qui n'a pas souhaité donner de chiffres.
Selon la presse, le montant du plan de soutien, qui passerait par une prime à la casse afin d'acheter des véhicules neufs et moins polluants, devrait se situer entre 260 et 400 millions d'euros.
Mais avant même son annonce, ce plan essuyait déjà des critiques.
"J'ai entendu que l'on parlait de 300 millions et cela me semble peu, vu que (le président français Nicolas) Sarkozy met cinq milliards en France", a déclaré Sergio Chiamparino, le maire de gauche de Turin (nord), centre de l'industrie automobile italienne.
"Les périodes de chômage technique sont de plus en plus longues et fréquentes depuis septembre et du coup on gagne moins, je me retrouve avec 700 euros par mois pour nourrir ma famille", a expliqué à l'AFP l'un des manifestants, Alvaro Giuliani Guzman, ouvrier depuis 5 ans à l'usine de Pomigliano d'Arco de Fiat près de Naples (sud).
"Les fonds débloqués par le gouvernement doivent rester en Italie et non pas aller à des usines Fiat à l'autre bout du monde. Notre usine de Pomigliano et les emplois qu'elle génère en font un des plus grands pôles industriels de la région, la crise peut donc faire beaucoup de dégâts sur ce bassin d'emplois", a-t-il ajouté.
Dans l'usine Fiat de Mirafiori à Turin, la plus importante du groupe, une partie des ouvriers ont débrayé en milieu d'après-midi.
Les ventes de voitures neuves ont chuté de 13,36% en Italie en 2008, le pire résultat de ces douze dernières années, amenant les entreprises, dont Fiat qui est le premier employeur privé du pays avec 78.000 salariés, à mettre massivement leurs salariés au chômage technique.
Le patron de Fiat, Sergio Marchionne a prévenu que sans mesures de la part du gouvernement, 60.000 employés du secteur risquaient de perdre leur emploi.
La "patronne des patrons" italiens Emma Marcegaglia est même allée jusqu'à évoquer le chiffre de 300.000 postes en danger en comptant les emplois indirects au début de la réunion, selon l'agence Ansa.
La France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Espagne ont notamment déjà annoncé des mesures de soutien au secteur automobile.
Source: AFP
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